Créons des liens eucharistiques

Créons des liens eucharistiques

chers paroissiens,

La décision de ne plus célébrer aucune messe pendant un certain temps est difficile à accepter pour nous, catholiques, qui aimons nous réunir tous les dimanches. Vivre sa foi seul est une épreuve. Mais les liens spirituels sont plus forts que les liens physiques : ils traversent toute frontière, sinon celle que nous leur imposons.
C’est cela aussi l’eucharistie : remercier Dieu pour les liens d’amour et d’amitié, de foi et d’espérance, de fraternité et d’unité. La messe est le signe mais pas le tout de l’eucharistie (= action de rendre grâce, de remercier son auteur). Nous avons besoin du signe régulièrement pour nous ressourcer mais nous avons surtout besoin de son auteur : Jésus, qui nous nourrit par ces liens qu’Il a tissés, lui le premier, avec chacun ; et ces liens, Il nous les offre entre nous aussi quand nous célébrons l’eucharistie et que nous désirons les vivre au quotidien (un ami prêtre disait : "tes rencontres seront tes liturgies").
Accueillons ce don ineffable au quotidien de nos relations, remercions-Le et vivons ces liens authentiquement, même dans la distance, en particulier envers les plus fragiles de notre entourage : "À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13,35) Aucun virus ne pourra jamais nous enlever cela.
Cependant, permettez-moi de terminer en n’oubliant pas dans ces liens d’amour donnés par Jésus, notre Terre et toute la Création. Notre "soeur et mère" a besoin de notre attention, de notre tendresse et de notre vigilance. Le pain eucharistique n’est-il pas le "fruit de la terre" aussi ? Soyons reconnaissant envers notre chère Terre. Le pape François, dans un texte qu’il vient de publier "Notre Mère la Terre", nous cite un homme qu’il a rencontré il y a longtemps, un sage sans doute, qui lui disait : "Dieu pardonne toujours, les humains parfois, la nature : jamais !" Je crois pourtant au pouvoir de résilience de la création, à condition qu’on lui en laisse la possibilité et le temps.
Bertrand Cormier