Voeux de l’Abbé Bertrand, curé de notre groupement

BONNE ANNEE 2021

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Epiphanie et Nouvelle année
« En Occident, la fête de l’Epiphanie est surtout la fête des Mages ou des « Rois ». Les manifestations inaugurales de la vie publique ne sont pas oubliées, puisque l’office de la fête parle des trois mystères de ce jour comme n’en faisant qu’un : l’adoration des Mages, le baptême de Jésus et les noces de Cana ; il faut dire cependant que les Mages retiennent presque toute l’attention. » (site eglise.catholique.fr)
Ces étrangers qui venaient d’Orient, c’est-à-dire symboliquement du soleil levant et donc de « l’espérance qui ne déçoit pas ». Et en effet, nous n’avons pas été déçus, depuis 2000 ans : cet enfant a tenu les promesses qui lui étaient destinées ! Son salut est parvenu jusqu’aux extrémités de la terre : « la terre entière a vu le salut de notre Dieu. » Toute la création se réjouit et l’étoile a guidé les mages. Ce ne sont pas les humains mais les éléments naturels qui ont écouté la Parole de Dieu et qui y ont obéi. Les puissants de ce monde ont plutôt voulu faire taire l’enfant définitivement ! Il suffit de voir comment se comporte le roi fantoche Hérode… Mais l’étoile continuera sa mission jusqu’au bout et guidera les mages jusqu’à la crèche. Pour qu’ils puissent offrir leurs présents. Oui, ils ne sont pas venus demander quelque chose à Dieu par l’intermédiaire de son Fils ; ils sont venus « se prosterner » devant le roi des juifs. Eux-aussi, finalement, ont obéi à une parole (divine ?) et l’ont réalisée. C’est surtout là qu’ils sont rois ! Ils ont maîtrisé en eux toutes les tentations de domination, de pouvoir et de possession, ils se sont déplacés extérieurement et intérieurement. Ils ont fait confiance à un astre lié à une parole : « Un astre se lève, issu de Jacob, un sceptre se dresse, issu d’Israël. » (cf. Nb 24,17) Et ils se sont offerts en présentant des offrandes de valeur ; car « tout être est une histoire sacrée » dit un chant chrétien. Ils n’ont rien demandé. Ils nous ouvrent ainsi une nouvelle voie, eux les étrangers, les inconnus, les non-juifs à l’époque. Ils ont renoncé à eux-mêmes pour s’ouvrir à un enfant inconnu et
lointain, pour se rapprocher de l’étranger en devenant eux-mêmes étrangers. Alors, une fraternité est née entre eux, par la grâce de l’amour de cet enfant et de ses parents
En cette année 2021, cet exemple des mages peut nous guider. Permettez-moi de vous citer le pape dans cette magnifique encyclique « Fratelli tutti/ Tous frères » : « Cherchons les autres et assumons la réalité qui est la
nôtre sans peur ni de la souffrance ni de l’impuissance, car c’est là que se trouve tout le bien que Dieu a semé dans le cœur de l’être humain. Les difficultés qui semblent énormes sont une opportunité pour grandir et non une excuse à une tristesse inerte qui favorise la soumission. Mais ne le faisons pas seuls, individuellement. Le Samaritain a cherché un hôte qui pouvait prendre soin de cet homme ; nous aussi, nous sommes invités à nous mobiliser et à
nous retrouver dans un ‘‘nous’’ qui soit plus fort que la somme de petites individualités. Rappelons-nous que « le tout est plus que la partie, et plus aussi que la simple somme de celles-ci ». » Voilà un programme pour temps de crise(s) permanente(s), si nous en cherchions un…
Si nous voulons demander à Dieu et nous souhaiter les uns aux autres paix, bonheur et amour, soyons paix, bonheur et amour. Et alors, nous rayonnerons, comme nous le rappelle Jésus : « vous êtes la lumière du monde. »
P. Bertrand
« Si nous ne brûlons pas d’amour, d’autres mourront de froid… » (P. Jean Pirot)